Jeudi, lors du premier tour, Chris DiMarco avait démontré qu'il avait du talent. On ne rend pas impunément une carte de 65 sur le parcours d'Augusta, surtout pour une première participation. Mais vendredi, sous les feux des projecteurs, avec le regard de tous, observateurs et adversaires, rivé sur lui, le rookie a également prouvé qu'il avait du caractère. Chaque fois qu'il s'est retrouvé en difficulté, DiMarco a instantanément réagi.
Mal embarqué avec un boggey sur le premier trou, il a ainsi signé deux birdies au 2 puis au 3. De même, son dernier coup de la journée, un putt de quatre mètres plein d'autorité pour sauver le par au 18, en dit long sur son sang froid. Résultat, DiMarco a joué en 69, soit trois en dessous du par. Plus qu'honorable compte tenu de la pression qui pesait sur lui au départ de la journée. Mais s'il peut continuer à rêver, l'invité surprise de ce premier Grand Chelem de l'année sait aussi que le plus dur reste à faire. Car derrière, c'est une véritable meute qui s'élancera derrière lui samedi, emmenée par...Tiger Woods en personne.
Le numéro un mondial, discret la veille, a en effet sérieusement hausser le ton vendredi. Huit birdies au total, et un putting de métronome lui ont permis de remonter à la deuxième place, à seulement deux coups de DiMarco (-8 contre -10). Pas de doutes, Woods reste le grand favori de l'épreuve. D'ailleurs, il possède le même total (136) après deux tours que lors de son unique succès au Masters, en 1997. "Je suis satisfait. Je voulais rester au contact, c'est fait." a-t-il confié. Di Marco le sait, le Tigre profitera de sa moindre faiblesse.
Olazabal est dans le coup
Et s'il n'y avait que Woods! Vu la faiblesse des écarts, le danger viendra en effet de partout ce week-end. Peut-être de Phil Mickelson, qui, après un parcours en dents de scie, a tout de même bouclé la journée en 69 pour tenir compagnie à Woods au deuxième rang. Ou encore de David Duval ou Angel Cabrera, même si l'Argentin s'est montré un poil moins brillant (71). Bref, une bonne douzaine de joueurs se tiennent dans un mouchoir.
Côté européen, seul Jose Maria Olazabal, double vainqueur à Augusta et excellent neuvième à quatre coups du leader, semble en mesure de se mêler à la lutte pour la victoire. "J'ai de très bons souvenirs ici. C'est un tournoi spécial pour moi", explique l'Espagnol, toujours aussi à l'aise en Géorgie. Greg Norman, lui, ne gardera sûrement pas un souvenir impérissable de cette édition 2001. Le requin s'est fait dévorer par le parcours, rendant une carte abominable de 82! Pour lui, le tournoi est évidemment terminé. Même sanction pour Sergio Garcia, Davis Love ou Colin Montgomerie, qui n'ont pas passé le cut.
Comme d'habitude, Augusta, impitoyable, a donc laissé des stars sur le carreau. Chris DiMarco, lui, a d'autres chats à fouetter. Samedi, il aura à ses côtés Tiger Woods, pour les 18 trous les plus importants de sa carrière. S'il tient, il faudra définitivement compter avec lui pour la victoire. Mais il ne veut pas y penser. Avec l'insouciance du débutant qu'il est, il vit son rêve éveillé. "Je vais jouer sur le plus beau parcours du monde avec le meilleur joueur du monde. Quelle histoire!" Et elle ne fait peut-être que commencer...